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Perspectives de l’économie mondiale du FMI : robustesse de la croissance des économies avancées et émergentes en 2018, découplage attendu en 2019, prudence à moyen terme

Le FMI vient de mettre à jour ses Perspectives de l’économie mondiale en diffusant via son site Internet une note intitulée « Reprise cyclique, changement structurel ».

Globalement, le FMI est optimiste sur l’évolution de la croissance mondiale pour les deux prochaines années : selon Maurice Obstfeld, économiste en chef du Fonds, « la reprise qui a débuté vers la mi-2016 s’est consolidée et est même devenue plus forte ». Après avoir atteint +3,8% en 2017, le rythme de croissance mondiale devrait demeurer robuste en 2018 et en 2019 (+3,9%) dans un contexte de hausse des échanges internationaux (croissance du commerce mondial de +5,1% en 2018 et de +4,7% en 2019).

Ces perspectives de printemps confirment les révisions faites par le FMI de ses perspectives d’automne en début d’année : pour rappel, en octobre 2017 le FMI inscrivait une prévision de croissance mondiale de +3,7% pour 2018 et 2019 avant de la réviser à la hausse de +0,2 point en janvier, principalement du fait d’une meilleure prise en compte des effets de la réforme fiscale américaine.

A moyen terme cependant le FMI est plus prudent, indiquant notamment par la voix de son chef économiste que « pour la plupart des pays, les taux de croissance favorables actuels ne dureront pas et que les décideurs politiques devaient saisir cette opportunité pour soutenir la croissance, la rendre plus durable et mieux se préparer au prochain retournement ».

Perspectives de l'économie mondiale

* L’accélération du taux de croissance mondiale en 2018 serait portée à la fois par celle des pays avancés (+2,5% après +2,3% en 2017) et par celle des pays émergents et en développement (+4,9% après +4,8% en 2017). En 2019, les pays avancés marqueraient le pas (+2,2%) tandis que les pays émergents continueraient d’accélérer (+5,1%).

Parmi les pays avancés :

aux Etats-Unis, le taux de croissance devrait nettement accélérer en 2018, passant de +2,3% à +2,9% (soit +0,2 point par rapport à la prévision de janvier). Cette progression serait portée par les impacts macroéconomiques de la réforme fiscale de décembre 2017, en particulier « la baisse des taux d’imposition sur les sociétés » ainsi que par la hausse des dépenses publiques actée en février 2018. En 2019, l’économie américaine ralentirait (+2,7%) mais son rythme de croissance demeurerait néanmoins plus soutenu que ce qu’anticipait le FMI en janvier dernier (+2,5%) ;

en zone euro, les projections de croissance pour 2018 ont été révisées à la hausse (+0,2 point par rapport à janvier) et la croissance devrait y être un peu plus soutenue qu’en 2017 (+2,4% après +2,3%). Cette bonne orientation s’expliquerait par la solidité de la demande intérieure, l’amélioration des perspectives de la demande extérieure et le caractère toujours accommodant de la politique monétaire. S’agissant des Etats membres de la zone euro, le FMI inscrit une prévision de croissance pour la France de +2,1% en 2018 (+0,2 point par rapport à la prévision de janvier) et de +2,5% pour l’Allemagne (+0,2 point par rapport à janvier). L’Espagne devrait ralentir, son taux de croissance passant sous la barre des 3,0% à +2,8% (+0,4 point néanmoins par rapport à la prévision de janvier). Le rythme de croissance se maintiendrait en Italie (+1,5%). En 2019, l’ensemble de la zone euro marquerait le pas dans un contexte de retour global à la tendance ;

au Royaume-Uni, la croissance devrait ralentir en 2018 et 2019 pour s’établir à +1,6% puis +1,5% (après +1,8% en 2017). Le FMI indique que l’investissement des entreprises devrait être faible dans un contexte d’incertitudes persistantes sur la nature du futur Brexit (sur ce point, les hypothèses émises par le Fonds en octobre 2017 sont demeurées inchangées) ;

la croissance japonaise devrait se modérer en 2018 et en 2019 (+1,2% puis +0,9% après +1,7% en 2017) en raison de causes structurelles telles qu’une évolution démographique défavorable qui tend à diminuer la population active.

Parmi les pays en développement :

la Chine devrait poursuivre son atterrissage en douceur avec un taux de croissance de +6,6% en 2018 et de +6,4% en 2019 (après +6,9% en 2017). Ce ralentissement tendanciel trouve son origine dans le rééquilibrage continu des relais de croissance chinois (passage d’un modèle essentiellement axé sur les exportations à un modèle prenant mieux en compte la demande intérieure ; passage d’une économie industrielle à une économie de service) ;

– après le ralentissement de 2017 (perturbations liées au retrait des billets de 500 et de 1 000 roupies et à la mise en place de la taxe nationale sur les biens et services) l’économie indienne devrait franchement accélérer en 2018 (+7,4%) puis en 2019 (+7,8%). Selon le Fonds, le pays bénéficierait en particulier « d’une solide croissance de la consommation privée » ;

– après la profonde récession de 2015 et de 2016, la croissance brésilienne a rebondi en 2017 (+1,0%) et devrait accélérer en 2018 et en 2019 (respectivement +2,3% et +2,5%) sous l’effet du dynamisme de la demande intérieure. Comparativement à ses révisions de janvier, le FMI a relevé ses projections de croissance de +0,4 point pour 2018 et pour 2019 ;

– la Russie est également sortie de récession en 2017 (croissance du PIB de +1,5%) dans le sillage notamment du rétablissement des cours des matières premières. En 2018, son taux de croissance devrait légèrement accélérer (+1,7%) pour ensuite ralentir en 2019 (+1,5%) sous le poids notamment des « sanctions internationales qui tendent à peser sur l’activité ».